« C'est une petite fille, à la sortie d'un concert, qui m'a donné l'élan qui me manquait. Elle m'a demandé, simplement : La musique, ça sert à quoi ? J'ai été, un court instant, aussi déconcertée que ses parents. Oui, pour quoi faire la musique ? Et pour quoi faire tous ces musiciens grâce auxquels nous continuons à entendre un son qui traverse les siècles ? Tous ces artistes qui ne produisent ni ne fabriquent rien dans un monde pourtant dévolu à la matière, à la technique, un monde où, justement, la parole ni le dialogue ne sont plus vraiment le diapason de nos échanges. De là, ce livre, et l'idée que porte son titre Renaître. Ce n'est encore pas assez d'être né : il importe de se remettre au monde, et de l'aimer. » Hélène Grimaud
Reçue première à l'unanimité à l'âge de treize ans au conservatoire de Paris, grand prix de l'Académie du disque à quinze ans, la pianiste Hélène Grimaud mène une carrière internationale qui fait d'elle une ambassadrice de la musique acclamée à travers le monde. Passionnée par l'éthologie, elle ne cesse d'oeuvrer, en parallèle, au service des espèces menacées. Dans ce livre écrit avec une sincérité rare, elle revient, au gré de ses entretiens avec l'écrivain Stéphane Barsacq, son ami de toujours, sur ses engagements. Renaître est une invitation à ouvrir les yeux sur ce qui nous environne et à le voir comme pour la première fois.
MONSIEUR SCHUBERTCeci n'est pas un roman, mais un récit, une chose vraie. "Monsieur Schubert", c'est le dernier jour de la vie d'un petit comptable. Ce jour est le 9 novembre 1989, date de la chute du mur de Berlin. Monsieur Schubert "vit, travaille, une étrange machine au-dessus de la tête qui tape, sans bruit, et retape, le tasse, implacable. Aussi chaque soir rentre-t-il un peu plus tapé, tassé, rapetissé que la veille". A sa façon il assume et exprime ce qui ronge notre monde et creuse une litière à la mort : l'ennui. Monsieur Schubert à sa manière est un juste, mais un juste sans éclat, un pauvre, un petit juste ordinaire, mais perverti, broyé par ce regard d'une cruauté somme toute énigmatique mais profonde que jettent sur lui tous les collègues, tous les beaux-frères du monde, tous les pions mécaniques de l'abjection commerciale. C'est l'histoire d'un de ces petits hommes gris que la vie sociale a dénaturés jusqu'à les métamorphoser en ces blattes que les murs des villes laissent courir le soir le long de leur grisaille jusqu'à leur anéantissement, symbole de la déroute d'une époque où les plus intelligents, les plus cultivés, les plus puissants, les plus riches sont éduqués à n'utiliser leurs atouts que pour appauvrir et humilier ceux qui ne les possèdent pas. Jusqu'à les tuer.860/mainssl/modules/MySpace/PrdInfo.php?sn=llp&pc=2604002193599