« Puisque mon désir de vivre en dehors des prescriptions normatives de la société binaire hétéro-patriarcale a été considéré comme une pathologie clinique caractérisée sous le vocable de « dysphorie de genre », il m'a paru intéressant de penser la situation planétaire actuelle comme une dysphorie généralisée. Dysphoria mundi : la résistance d'une grande partie des corps vivants de la planète à être subalternisés au sein d'un régime de savoir et de pouvoir patriarco-colonial. » Tel est le point de départ de ce livre de « philosophie documentaire » où l'auteur, malade du covid et enfermé seul dans son appartement, emprunte à tous les genres (essai, fiction, journal) pour raconter à sa façon un monde dont les différentes horloges se sont synchronisées au rythme du virus, mais aussi du racisme, du féminicide, du réchauffement climatique... et de la rébellion à venir. Une manière de carnet philosophico-somatique d’un processus de mutation planétaire en cours. Si la modernité disciplinaire était hystérique ; si le fordisme, héritier des séquelles des deux guerres mondiales sur la psyché collective, était schizophrène ; le néolibéralisme cybernétique, lui, est dysphorique. L'hypothèse centrale de cet essai : les événements qui se sont produits pendant la crise du covid à l'échelle mondiale marquent le début de la fin du réalisme capitaliste. Sommes-nous condamnés à croire tout savoir et ne rien pouvoir faire pour changer le cours des choses (paranoïa conspirationniste) ou continuer à tout faire de la même manière mais sentir que plus rien n'a de sens (dépression individualiste) ? Non : il est possible de franchir le pas vers une autre épistémologie terrestre. Encore faut-il refuser la nouvelle alliance du néolibéralisme numérique, des rhétoriques néo-nationalistes, l'explosion des inégalités économiques, des violences raciales, sexuelles et de genres, la destruction de la biosphère pour initier un profond processus de décarbonisation, de dépatriarcalisation, de décolonisation : c'est l'« hypothèse révolution » dont ce livre pose les prolégomènes...
Penseuse de génie, écrivaine prolifique et militante radicale, Françoise d’Eaubonne (1920-2005) a partagé les grands combats du XXe siècle. Féministe, anticolonialiste, partisane des combats queers – alors qu’elle n’était pas (à son grand regret !) lesbienne elle-même–, écologiste et décroissante, elle a publié une centaine de livres. Pourtant, malgré une reconnaissance internationale, Françoise d’Eaubonne est rapidement tombée dans l’oubli. Sous la plume d’Élise Thiébaut, l’intime et le politique se mêlent pour donner chair à une femme hors du commun. Un portrait passionnant et sans tabou, plus indispensable que jamais, qui éclaire à la fois le génie et les dimensions les plus subversives de celle qui lança les mots phallocrate , écoféminisme et sexocide .
Élise Thiébaut est l’autrice de plusieurs ouvrages, nouvelles et essais. Elle est notamment l'autrice de Mes ancêtres les Gauloises (La Découverte, 2019), Ceci est mon sang (La Découverte, 2017) et Les règles… quelle aventure ! (La ville brûle, 2017). Elle dirige la collection Nouvelles Lunes au Diable Vauvert.500/mainssl/modules/MySpace/PrdInfo.php?sn=llp&pc=2604002192087
HYGIENEA l'avant-garde de la médecine, l'Hygiène a toujours fait figure de rempart retardant la progression des maladies infectieuses. Mais la vigilance de ses gardiens a parfois été endormie par diverses contraintes et la confusion du sain et du malsain portée à son comble. Au-delà du caractère normatif inhérent à la crainte de la contagion et au souci du bon état physique des populations, l'hygiène a profondément modifié les comportements ainsi que les mentalités. Innovations techniques et progrès médicaux, lois et règlements se sont succédés, interrogeant tant des aspects touchant aux moeurs, à la toilette qu'aux conditions de logement. En se fondant sur divers aspects de la vie publique et privée des Français, cet essai historique tente de clarifier une situation si préjudiciable à l'harmonie sociale.500/mainssl/modules/MySpace/PrdInfo.php?sn=llp&pc=2512271950008
« Tu ne seras ni social justice guérillère ni caution féministe pour ligne budgétaire. »
alex~tamécylia a 37 ans. Autrice, poétexsse et performeureuse, ielle anime à Paris les ateliers d'écriture féministe Langue de Lutte dans divers lieux dont La Mutinerie et la librairie Violette and Co ; ielle a confié son manuscrit au nouvel attila par admiration pour Michelle Lapierre-Dallaire.660/mainssl/modules/MySpace/PrdInfo.php?sn=llp&pc=2512271950007
PRIVILEGES. CE QU'IL NOUS RESTE A ABOLIRLe 4 août 1789, l'Assemblée constituante vote l'abolition des privilèges, ces lois particulières octroyées à certains groupes sociaux. Ce temps fort de la Révolution française marque le passage à une société fondée sur l'idéal républicain qui nous guide encore aujourd'hui : liberté, égalité, fraternité. Mais l'Ancien Régime et ses inégalités ont-ils pu réellement disparaître en une nuit ? Dans un essai croisant philosophie, histoire et sociologie, Alice de Rochechouart montre que les privilèges, loin d'être les vestiges d'un monde ancien, restent un fondement politique de la modernité. Pour sortir d'une société construite sur des hiérarchies – en fonction du genre, de la couleur de peau, de l'orientation sexuelle ou des capacités intellectuelles –, elle plaide pour que l'on repense l'organisation politique dans son ensemble. Car, dans un moment où la démocratie n'a peut-être jamais semblé si fragile, il y a urgence à se saisir des injustices et à penser un nouveau projet politique. Alors, plus de deux siècles plus tard, sommes-nous vraiment prêts à abolir les privilèges ?1,100/mainssl/modules/MySpace/PrdInfo.php?sn=llp&pc=2512271950002