La pluie, lorsqu’elle advient, transforme le paysage. Elle voile la lumière, brouille les limites de la terre et du ciel, recouvre toute surface, imprègne l’air et la terre. Quel magnifique défi que la pluie pour des artistes en quête de renouveau technique, artistique et esthétique !Lorsqu’elle tombe sur la ville « moderne » de la seconde moitié du 19e siècle, elle ne freine pas l’effervescence de ses boulevards. Le parapluie, marqueur social d’une bourgeoisie qui ne s’en sépare plus, devient le sujet de multiples scènes de genre aux ressorts tragi-comiques dont se délectent illustrateurs et caricaturistes : il révèle les splendeurs et misères d’une société hiérarchisée.Au tournant du 20e siècle et jusque dans les années 1930, peintres et photographes s’emparent du thème de la ville sous la pluie, entre métamorphose et enchantement. Magnifiée, ruisselante, miroitante, la ville, lieu premier de la modernité artistique, devient un songe.À l’articulation d’une histoire artistique et d’une histoire sociale, de la science météorologique et de la physique, cet ouvrage convoque les regards croisés d’historiens de l’art, d’une historienne de la science météorologique, d’un physicien, d’un écrivain et d’une spécialiste du cinéma. Publié à l’occasion de l’exposition « Sous la pluie. Peindre, vivre et rêver » présentée successivement au Musée d’arts de Nantes et au Musée des Beaux-Arts de Rouen, ce catalogue invite à réenchanter notre relation parfois ambivalente à la pluie.
"UN JOUR, ILS AURONT DES PEINTRES" - L'AVENEMENT DES PEINTRES AMERICAINS (PARIS 1867 - NEW YORK 1948Tout commence à Paris, le 1ᵉʳ juillet 1867, dans les fastes de l'Exposition Universelle : après la guerre de Sécession, les paysagistes d'outre-Atlantique, qui forment la première véritable école de leur pays, retrouvent, optimistes, le chemin de l'Europe. Mais les critiques français leur réservent ricanements et sarcasmes : "Cette exposition est indigne des fils de Washington. Au milieu de nos vieilles civilisations, les Américains font l'effet d'un géant fourvoyé dans une salle de bal." Les peintres souhaitaient être reconnus dans le saint des saints de l'art contemporain. Ils comprirent immédiatement qu'ils n'avaient pas le choix : il fallait céder au goût français, puisque le goût français régnait sur le monde. Du géant, ils avaient les matières premières : l'espace géographique, les moyens économiques, le dynamisme. Pour le reste, les arts plastiques notamment, ils se rendaient bien compte qu'ils accusaient, face aux Européens, un énorme décalage. Leur humiliation à l'Exposition Universelle aiguillonna leur combativité. Et si les fils de Washington relevaient le défi ? L'épopée des peintres américains racontée par Annie Cohen-Solal nous transporte de Paris à New York, de Giverny à Chicago, de Pont-Aven à Taos, au Nouveau-Mexique, et s'achève à la Biennale de Venise, en 1948, lorsque sont présentées, pour la première fois en Europe, huit toiles de Jackson Pollock, un artiste inconnu des Européens de l'époque, mais bientôt célébré dans le monde entier comme le premier véritable maître américain.1,820/mainssl/modules/MySpace/PrdInfo.php?sn=llp&pc=2604002192742
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