Dominique Vivant Denon (1747-1825) a marqué durablement les années de bascule qui conduisent de la monarchie à la Révolution et au premier XIXe siècle. Il a servi tous les régimes, de Louis XV à Louis XVIII en passant par le Comité de salut public de la Terreur. Il a été à la fois écrivain, amoureux, aventurier et voyageur, dessinateur et graveur, diplomate, le premier « Égyptien » de Napoléon, l’« inventeur » du Louvre et le quasi-ministre des Beaux-Arts de l’Empire, l’un des plus grands collectionneurs de son temps. Sans lui, on ne comprendrait rien à nos idées modernes de gloire, de musée, de monument, de patrimoine. On part avec lui à la chasse au bonheur, on médite sur les ruines de l’Italie et du Nil, on traverse l’Europe à la recherche de ses trésors. Les mutations esthétiques de son temps, les émotions de la liberté, les fulgurances de la beauté, c’est lui. Il faut avoir décoré sa vie de ses rêves pour faire d’elle un chef-d’œuvre.
Avec Denon, Emmanuel de Waresquiel revient au récit biographique et aux personnages qu’il affectionne, à la charnière des XVIIIe et XIXe siècles. Il en explore de nouveaux domaines à la lumière de sources inédites ou peu connues tout en restant fidèle à sa méthode : trouver la clef qui ouvre la bonne porte et donne à voir le bon paysage.
« Il est des personnages sur lesquels on a beaucoup écrit et qui restent mystérieux. De ceux que l’on rencontre par hasard et qui ne vous quittent plus par la séduction de ce qui les habite de génie, d’ombres, d’étrangeté et de secrets. Des êtres à part, de ces êtres en partie double qui inventent à mesure les règles de leur vie. » (E.W.)
"UN JOUR, ILS AURONT DES PEINTRES" - L'AVENEMENT DES PEINTRES AMERICAINS (PARIS 1867 - NEW YORK 1948Tout commence à Paris, le 1ᵉʳ juillet 1867, dans les fastes de l'Exposition Universelle : après la guerre de Sécession, les paysagistes d'outre-Atlantique, qui forment la première véritable école de leur pays, retrouvent, optimistes, le chemin de l'Europe. Mais les critiques français leur réservent ricanements et sarcasmes : "Cette exposition est indigne des fils de Washington. Au milieu de nos vieilles civilisations, les Américains font l'effet d'un géant fourvoyé dans une salle de bal." Les peintres souhaitaient être reconnus dans le saint des saints de l'art contemporain. Ils comprirent immédiatement qu'ils n'avaient pas le choix : il fallait céder au goût français, puisque le goût français régnait sur le monde. Du géant, ils avaient les matières premières : l'espace géographique, les moyens économiques, le dynamisme. Pour le reste, les arts plastiques notamment, ils se rendaient bien compte qu'ils accusaient, face aux Européens, un énorme décalage. Leur humiliation à l'Exposition Universelle aiguillonna leur combativité. Et si les fils de Washington relevaient le défi ? L'épopée des peintres américains racontée par Annie Cohen-Solal nous transporte de Paris à New York, de Giverny à Chicago, de Pont-Aven à Taos, au Nouveau-Mexique, et s'achève à la Biennale de Venise, en 1948, lorsque sont présentées, pour la première fois en Europe, huit toiles de Jackson Pollock, un artiste inconnu des Européens de l'époque, mais bientôt célébré dans le monde entier comme le premier véritable maître américain.1,820/mainssl/modules/MySpace/PrdInfo.php?sn=llp&pc=2604002192742
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